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A)
Les Jardins Nature
1) Le Jardin de la Polynésie
Ce jardin ne se distingue pas de l’ensemble des jardins (Asie
méridionale, Mexique aride ...). Il est donc caractérisé par une strate
supérieure caducifoliée et par des strates inférieures qui sont
sempervirentes. Naturellement les lianes sont moins abondantes.
La strate inférieure, profitant de l’ensoleillement saisonnier, est très
dense, pourvue éventuellement de fourrés de telle sorte que la
circulation est difficile. Cela contraste avec la marche facile dans le
jardin andalou où la lumière est toujours abondante.
En s’avançant dans cette végétation, on est accueilli de loin
par diverses sonorités qu’amplifient la magie de ce jardin. Il y a le
bruit de l’eau, du vent, des grenouilles et des tortues. On se sent
d’humeur romantique en écoutant ces sonorités.
Que peut être donc cet endroit vers lequel se pressent nos
pas ? Cela ne peut être que l’espace où s’étend un vaste étang aux
contours irréguliers, aux berges soigneusement façonnées, où des pierres
qui semblent avoir été placées là par la nature même sont disposées en
tas.
Les pourtours sont garnis de bambous, d’arbres et de
nombreuses plantes marécageuses se reflétant à la surface de l’eau. En
continuant notre circuit aux alentours de la pièce d’eau, on se trouve
en face d’un pont en bambou que l’on traverse pour arriver à une petite
colline rappelant une île où sont plantés quelques palmiers qui attirent
invinciblement le regard vers le haut. De cette île un autre pont en
bambou mène à l’autre rive de l’étang.
Ce pont offre une excellente vue sur le jardin. On découvre
une hutte, construite sur pilotis à environ deux mètres de l’eau. Il y
a, également, un plan d’eau qui se caractérise par un mélange de
végétaux aquatiques renfermant une belle floraison aux couleurs variées.
Ces couleurs constituent une merveilleuse composition en
association avec les fleurs de saison qui sont plantées dans des
corbeilles de pierres dont l’étang est parsemé. Après avoir parcouru ce
trajet , le promeneur atteint l’autre rive de l’étang où on dévale une
pente forte qui est voûtée par les cimes d’arbres géants, ainsi que par
l’aspect enchevêtré des lianes habillant les troncs des arbres. Cette
descente mène, sans que l’on s’en doute, au jardin Japonais.

2) Le Jardin du Congo
Au niveau de ce lieu, on trouve des caractéristiques typiques
de l’Afrique comme les totems fixés verticalement le long de bambous et
une case se trouvant sur une butte, avec un toit de chaume, des parois
faites de bambous tressés et un escalier pour y accédés.
Ces deux éléments se mêlent à la composition végétale qui
constitue ce jardin. Cette composition renferme des arbres immenses
semblables à de hautes colonnes dont les rameaux sont plus distants et
les feuilles plus petites ou plus découpées.
Cela rend alors les rayons solaires plus vifs dans le
sous-bois formé par des buissons et des plantes grasses. Ces derniers
sont parsemés de clairières plantées par des massifs fleuris.
Avant d’arriver à ce lieu, il y a une allée rectiligne bordée
du côté gauche par un alignement d’arbre (Eucalyptus, Ficus, Schinus)
qui crée un ombrage dense par leurs cimes très étalées.
Son côté droit est bordé par une haie (Hibiscus, Lycium) qui
se caractérise par des fleurs et des fruits de couleurs écarlates. A la
base de cette haie, il y a une rangée d’Aloès aux fleurs spectaculaires.
3) Le Jardin du Mexique
Pour accéder à ce jardin, il faut passer sous une voûte et
emprunter un pont en bambou qui crée des coupures visuelles
transversales et constitue un point de repère très important dans le
paysage. Ce jardin comporte de nombreuses espèces végétales résistantes
à la sécheresse. Ce sont
principalement
des buissons et des plantes grasses qui constituent une variation
notable dans le parcours par leur grande représentation quantitative qui
rendent leur apparition attractive. En continuant notre promenade vers
la gauche, nous trouvons un autre pont en bambou qu’on traverse pour
visiter l’autre partie de ce jardin où il y a un sentier qui grimpe
imperceptiblement en spirale et qui devient de plus en plus étroit quand
on approche d’un pont très rustique.
En poursuivant notre promenade dans ce jardin, nous
découvrons que ce sont surtout des buissons et des plantes grasses qui
animent le parcours par leur caractère architecturé et dynamique. Après
la fraîcheur du jardin des Antilles, après l’épaisseur de la terre et le
moelleux de la matière humide et de l’ombre silencieuse, le jardin du
Mexique semi-aride prend sa valeur par contraste avec le précédent.
Ainsi ses formes végétales tendues s’opposent aux lianes fluides des
Antilles, ses couleurs, sa lumière répondent à l’obscurité moite des
grottes. En s’avançant dans cette ambiance qui est semi désertique, on
se trouve devant un ponton en béton, menant au jardin Brésil.. Le
promeneur regarde tour à tour le sol, devant lui et ce qui l’entoure.
Ces escaliers donnent sur une colline d’où l’on contemple un agréable
panorama. Ce panorama comprend au milieu un plan d’eau d’une forme
irrégulière dont le centre est marqué par une île où sont plantés des
buissons et un arbre.
Quant à la surface de l’eau, elle est pratiquement couverte
par des plantes aquatiques. De plus, elle forme un miroir où se
reflètent les troncs élancés des arbres inclinés. Les rives tourmentées
de cet étang sont creusées de trous ombreux et parsemées de touffes de
plantes des marais. Lorsqu’on descend du sommet de la colline, le
parcours nous mène au bord du plan d’eau décrit ci-dessus où on sent la
fraîcheur, et, à un moment donné, on se trouve aux alentours d’une
roseraie où se répondent une multitude de coloris de fleurs surtout
durant le printemps. En contraste avec cette roserais, une masse de
bambous apparaît à nos yeux. Cette masse est gracieusement infléchie et
couronnée d’un feuillage léger et touffu que le moindre vent fait
bruire. Un peu plus avant règne une autre ambiance. Tantôt il s’agit
d’un sous-bois présentant une végétation hétérogène, qui du haut des
arbres, descend jusqu’au sol dans un entrelacement singulièrement ;
tantôt il s’agit d’une succession de jardinières juxtaposées. Ces
dernières sont garnies par des plantes retombant en cascade.
4) Le Jardin D'Asie Méridionale
Dès qu’on franchit l’accès, on se trouve devant un groupement
d’arbres qui nous offre un spectacle des plus inattendus. Les arbres en
question sont des ficus. Ces derniers ne cessent de s’étendre grâce aux
longs filaments qu’émettent leurs branches.
Quand ces filaments touchent le sol, ils prennent racine et
forment de solides étais lesquels, avec leur écorce grise et rugueuse,
donnent exactement l’aspect d’un amas de trompes et de pieds
d’éléphants. Ils semblent être des géants figés dans leurs lutte. A côté
de cette végétation d’aspect animal, à la richesse étrange et chaotique,
apparaissent des gerbes de bambous. Toutes ces lignes qui montent
attirent immanquablement le regard du promeneur vers le haut, vers les
planches de plumes qui se découpent sur le ciel bleu, vers la dentelle
des feuillages ou vers la floraison vertigineuse des arbres. Mais quand
le regard se pose sur le sol, il découvre un autre champ d’exploration
beaucoup plus modeste. Il s’agit de grands massifs de Crinum qui créent
à leur tout un charme naturel. De plus, d’autres végétaux singuliers
s’enracinent et escaladent les troncs des nombreux arbres et palmiers.
En faisant quelques pas supplémentaires, le promeneur arrive
sur les bords d’un étang où des papyrus forment un ourlet de verdure
couronné d’ombrelles légères et où les autres plantes des marais
constituent des massifs fleuris très étendus. A la surface de l’étang,
il y a de nombreux nénuphars qui fleurissent durant l’été. Cet étang est
d’autant plus remarquable que c’est l’endroit où la lumière règne,
reflétée par l’eau et les nénuphars ou par les ombrelles de papyrus.
Il offre un miroitement éblouissant après la traversée des lieux sombres,
des sous-bois et grottes. C’est encore par un effet de contraste que la
surprise est produite. Au cours de sa promenade aux alentours de cet
étang, le promeneur emprunte une passerelle qui a la forme d’une arcade
et qui a un aspect très rustique. Cette passerelle mène à un petit pont
en béton qui conduit à un lieu où les essences à feuilles caduques
l’emportent largement. De ce fait les arbres sont moins élevés, le
couvert est moins dense et saisonnièrement plus variable. Le sous-bois
est donc développé et, en saison sèche, il flambe facilement. Les lianes
sont peu abondantes. En marchant à cet endroit qui est abondamment
lumineux, un affleurement rocheux couvert de liane se dresse devant nous.
Il crée un contraste avec l’ambiance environnante. Dès qu’on se trouve
au pied de cet affleurement, on voit un escalier presque enfoui dans une
touffe de végétation luxuriante. Cet escalier mène au sommet d’une
colline par laquelle on passe de l’autre côté de ce jardin. Ce passage a
la forme d’un tunnel où la lumière est peu abondante et où on est envahi
par un sentiment de peur. A ce niveau, on remarque qu’il n’y a pas de
percées visuelles.
Pour surprendre le promeneur, M. FRANCOIS n’a pas voulu créer
des points de vue - sa conception en cet endroit diffère de celle des
passages surélevés des Antilles et du Brésil. Après ce passage où on
s’est senti enfermé, on passe par un espace dégagé où un vaste étang
nous offre plusieurs scènes composées : il y a les coloris des
feuillages et des fleurs qui flottent à la surface de l’eau et qui
délimitent les pourtours de l’étang, les troncs élancés des arbres
inclinés qui se mirent à la surface de l’eau, le murmure et la
modulation du vent qu’on peut écouter dans les arbres, le bond bruyant
d’une grenouille ou d’une tortue. Le but d’un tel obstacle est
d’accentuer le mystère de la nature, en multipliant les difficultés du
cheminement. On arrive à un endroit qu’on n’a pas encore parcouru, on
est étonné par le désordre existant : clôtures endommagées, végétaux
dégradés, dépôt de la matière sèche...
Quand nous dépassons cet endroit, le chemin nous mène à un
lieu où se dresse un escalier au-dessous duquel se trouve une porte
rustique. Cette construction nous invite inévitablement à grimper
l’escalier. Une fois en haut, on découvre un pont en bambou enjambant un
étang. Le pont en question fait naître chez le promeneur une impression
d’instabilité et de mouvement que viennent renforcer le reflet et la
profondeur de l’eau. Bien que l’endroit soit dégagé et éclairé, une
sorte de peur ou d’angoisse s’empare du promeneur. Par ce pont on arrive
à des blocs de pierres creusés, sillonnés de crevasses. Ces blocs sont
entassés et forment une montagne dont le pied est dans l’eau. De l’autre
côté de cette montagne, il y a un petit pont fait de dalles par lequel
on continue notre circuit dans le jardin chinois.
5)
Le Jardin du Pérou
On commence la visite de ce jardin par une terrasse surélevée, d’où on
contemple un splendide jardin Brésil, des Antilles et la première partie
du jardin Pérou. Ce niveau, on domine le paysage environnant. Cette
terrasse comprend une seule strate végétale bien développée, celle des
arbres à feuilles qui sont tous à peu près du même âge.
Cette uniformité s’explique par l’abondance de la lumière
dans cet endroit. De cette terrasse, on descend par un escalier pour
continuer notre promenade où on parcourt un sentier cloisonné d’une part
par des jardinières superposées les unes sur les autres, et d’autres
part par des jardinières cylindriques ayant un aspect très rustique par
une succession de piliers où se fixent des lianes qui atteignent une
taille spectaculaire et se rejoignent d’un pilier à l’autre ou d’un
arbre à l’autre donnant un aspect enchevêtré et luxuriant.
Le rythme des verticales accentue l’élan vers le ciel. Après
l’atmosphère uligineuse du Brésil et la simplicité de la marche en ce
jardin, le jardin Pérou prend sa qualité par opposition avec
l’antécédent. Ainsi, l’aspect envahissant que prend sa végétation basse
contraste avec celui du Brésil, son exposition aux rayons solaires
répond à l’obscurité créée par les frondaisons des arbres, et son
aridité répond à l’humidité.
De ce jardin on passe au jardin du Mexique aride. Cela est
possible en traversant un accès situé entre un affleurement rocheux qui
est garni par des végétations et un mur d’un aspect rustique.
6)
Le Jardin du Brésil
Ce jardin s’étend sur quelques mètres et comporte un vaste
escarpement rocheux. Et en bas de ce dernier, au niveau des creux ou
bien au fond des vieilles auges en pierre se blottit un ruisseau
tumultueux.
Ce jardin est intime par la finesse de son échelle et par ses
mouvements de terrain et ses différences de niveaux qui en font une
sorte d’allée abritée entre deux monticules. Un escalier, supporté par
des voûtes et retombant sur les lourds massifs creux remplis de terre où
poussent quelques plantes, vient parachever le tableau.
Dans ce jardin, règne une ambiance végétale particulière,
très dense, drapée de lianes, ornée d’épiphytes. Ceci exige, en effet,
de l’humidité. La marche dans ce jardin est relativement facile grâce à
la présence de quelques très grands arbres caducifoliés dont le houppier
plus clair émerge des frondaisons vert foncé.
Ces arbres sont extrêmement stratifiés, c’est-à-dire que
leurs têtes se pressent à des niveaux préférentiels, ou strates, selon
leurs possibilités d’élongation. Par conséquent, la lumière solaire,
plusieurs fois filtrée, parvient difficilement au sol et dans ces
conditions d’obscurité, le sous-bois, les herbes et les mousses poussent
difficilement. Donc, après le Mexique riche en sensations visuelles et
tactiles, ici c’est l’ampleur de l’espace qui enveloppe, qui marque une
pause dans le périple.
C’est comme une inspiration, un souffle de fraîcheur, de
grandeur et de noblesse par l’élan des arbres, l’humidité de
l’atmosphère et la simplicité des plantes recouvrant le sol. En
continuant notre trajet, on passe d’abord par un passage limité de part
et d’autre par des jardinières superposées, ensuite par un escalier
menant directement à une terrasse surélevée. C’est le début du jardin du
Pérou.
7) Le Jardin des Antilles
Par une porte découpée dans le mur cité ci-dessus, on entre
au jardin des antilles. Dès qu’on franchit cette porte, on monte des
marches à l’aspect très rustique. Par ces marches, on accède à un
passage surélevé.
A partir de là on remarque des points de vue de ce jardin.
Ainsi que celui du jardin Pérou qui se trouve à la limite immédiate de
ce jardin. Et quand on descend de ce passage par un autre escalier, on
s’avance dans une luxuriante et humide végétation dont le vert dense est
scandé régulièrement par les amas noirs des rochers formant comme des
jardinières, des vagues, de larges feuilles surgissant parfois de
gouffres imaginés et rejoignant les immenses racines apparentes d’un
Ficus.
Tout autour, des rochers, grossièrement empilés, donne à la
scène l’aspect d’un amphithéâtre. Une grotte s’ouvre sous nos pas et on
s’enfonce dans une salle voûtée de forme irrégulière. La lumière y
pénètre par des ouvertures hautes bordées de Monstera, Ficus,
Tradiscancia... A ce niveau, le promeneur se trouve à une profondeur de
2 m au-dessous du sol.
Il est envahi alors par un sentiment d’effroi, d’angoisse
provoqué à la fois par la déperdition de la lumière et l’aspérité de la
matière qui provient des rochers hérissés. Ce passage dans les
profondeurs du sol a pour but d’accentuer l’épaisseur et le mystère des
ambiances de forêt. Puis revenu au niveau 0 m, on trouve une ambiance
végétale ayant un tout autre aspect en raison de l’abondance des lianes
qui rendent la marche presque impossible.
Un peu plus loin, il y a un escalier limité de part et
d’autre par des jardinières superposées. Cet escalier mène à un pont en
béton qui enjambe le ruisseau passant par le jardin Brésil et qui a pour
destination le jardin Mexique .
Dans cette partie, on observe une nette prédominance des
essences. Le bois est constitué d’arbres aux voûtes « fermées » car
leurs frondaisons se touchent et ne laissent pas beaucoup d’intervalles
entre elles. De ce fait la lumière est très peu abondante.
Par conséquent, les végétaux de la strate basse ne présentent
jamais l’aspect enchevêtré qui rend la marche difficile. Pour quitter
cette splendide partie du jardin des Antilles, qui est dominée par
l’obscurité, la fraîcheur et par les coloris bleus, on passe d’abord par
un petit pont en béton qui s’intègre parfaitement à la scène représentée
par les pneumatophores du cyprès chauve. Puis, par une pente assez raide
frangée de part et d’autre par des herbacées, le promeneur arrive à la
grande allée.
8)
Le Labyrinthe
Ce lieu est constitué par une succession de murs formant un
réseau inextricable de sentiers, de galeries aménagées de telle sorte
qu’une fois engagé à l’intérieur, il faut en trouver l’unique issue.
Durant le trajet, le promeneur est obligé de se baisser pour
passer sous des arcades de buissons épineux, de se faufiler dans un
étroit boyau de pierres, de s’agenouiller, d’escalader et de s’accrocher
à un talus ou à une paroi. Le parcours de ces méandres rend le trajet
plus long, et la sensation de distance et de désorientation plus
intense.
C’est là que l’aventure commence vraiment. En effet, le Congo,
espace encore habité et dompté (case – escalier- Totem...), la Savane
fluide et ondoyante mais toujours appropriée par l’homme (cases alignées
– population végétale basse) sont autant de lieux préparant le «
voyageur » à des émotions fortes.
C’est l’espace tampon, entre la route et la ville.
L’introduction, c’est comme le bateau sur lequel on embarque et qui nous
mène vers des contrées lointaines à découvrir. Le labyrinthe c’est ce
premier contact avec une terre inconnue, le promeneur est un peu ému,
perdu, à l’écoute de la nouveauté et des chants d’oiseaux.
Quand on sort du labyrinthe, on a l’impression de retrouver
le calme après la tourmente et bon voyage à travers les autres jardins.
9) Le Jardin de la Savane arbustive
Ce jardin a un aspect tout à fait différent de celui du
jardin du Congo. Il se caractérise d’abord par une prédominance des
herbacées, couvrant uniformément le sol ; elles forment donc un tapis
continu, net, sans repos saisonnier.
Il y’a également, des éléments ligneux qui sont représentés
par toute la gamme du sous-arbrisseau à l’arbre moyen. Les petits arbres
ont un aspect caractéristique : tronc tordu, écorce épaisse et craquelée,
feuilles solides et velues, généralement caduques.
D’autres ont le tronc renflé, les rameaux parfois épineux.
Les arbustes aussi attirent l’attention du promeneur par l’aspect
spectaculaire de leurs fleurs qui donnent au jardin une atmosphère
parfumée et colorée surtout durant les périodes printanières et
estivales.
De plus, on y rencontre d’autres éléments comme l’alignement
des huttes qui ponctue la limite gauche de l’espace-jeux. Ces cases sont
couvertes de chaume ou de feuilles de palmiers sur lesquelles poussent
quelques plantes grimpantes.
Et avec les amoncellements de rochers qui sont garnis de
plantes tapissantes, ces éléments donnent au jardin une structure
mouvante et sinueuse. En passant entre ces différents éléments, on se
trouve devant une petite voûte résultant de l’enchevêtrement des plantes
grimpantes.
En traversant cette voûte, la courbe du sentier conduit très
rapidement nos pas à une entrée donnant accès à un lieu qui réserve une
surprise inattendue : le labyrinthe. Au sein de cet endroit règnent les
mêmes ambiances que celles décrites plus haut. Entre ces différentes
ambiances, il y a un immense mur tapissé de plantes grimpantes qui
arrête notre élan. Mais, la curiosité éveillée, cet obstacle nous invite
déjà à dépasser cet écran pour explorer le côté caché.
10)
Le Jardin de la Ravine Verte
Ce jardin, de forme allongée, renferme une succession
d’étangs reliés par d’étroits ruisseaux. Ces derniers sont coupés de
part et d’autre régulièrement par des amas de roches constituant comme
des portes.
Les pourtours de ces étangs et de ces ruisseaux sont garnis
de plantes tapisantes et d’autres plantes vertes. La marche en cet
endroit est pratiquement facile, parce qu’on ne circule qu’aux alentours
des plans d’eau et entre les portes formées par les amas de rochers.
Dans ce jardin il y a une obscurité totale provoquée par les
voûtes des grands arbres bordant les rives des surfaces d’eau et par la
couleur sombre des rochers. Donc, ce lieu est frais par rapport au
jardin japonais qui est bien exposé aux rayons solaires.
De la ravine verte, on s’introduit par une pente assez forte
à la deuxième partie du jardin andalou.
B)
Les Jardins Cultures
11) Le Jardin Japonais
Après l’obscurité, la difficulté, la luminosité, les dangers
et les coloris caractérisant la circulation dans le jardin de Polynésie,
le jardin Japonais vient se distinguer par ses ambiances miniaturisées.
Dans ce jardin, on commence notre promenade d’abord par le
passage à travers des pierres dépassant la surface liquide (pas japonais).
On éprouve une sensation de fraîcheur en regardant ces pierres qui
sortent de l’eau transparente et qui nous permettent d’admirer de plus
près les plantes aquatiques aux couleurs variées qui constellent l’eau.
Il s’agit en fait d’associer le règne minéral au règne
végétal, parce qu’au voisinage des pas japonais, il y a un amas de
pierres sur lesquelles ont poussé des mousses de façon à former des
montagnes et des îles de verdure. A proximité de ces dernières, il y a
une composition minérale groupant des motifs décoratifs sculptés à la
main produisant un contraste habile entre les éléments verticaux et
horizontaux.
Cette composition est placée derrière les buissons taillés
qui mettent en valeur leur antique beauté. Ces buissons taillés sont des
arbres nanifiés, connus sous le nom de Bonsaîs, constituant un paysage
miniaturisé. Ces Bonsaîs sont des cyprès chauves.
Dans ce jardin, les couleurs près de la maison, composent une
symphonie en demi-teintes. On y voit que peu de fleurs qui donnent
quelques taches ça et là, contrastant avec le vert des arbres et des
buissons, ainsi que le vert presque ininterrompu des tapis de mousse
recouvrant cette partie du jardin. Juste à côté de cet univers quasi
ascétique s’élève une grande colline dont les talus sont couverts des
plantes grimpantes et des mousses. En contrebas de cette colline, on
trouve un banc où on peut se reposer et se détendre. Il s’intègre
parfaitement à l’ambiance dont il fait partie.
En poursuivant notre parcours, on emprunte deux ponts
successifs légèrement arqués menant à une pente raide, au contrebas de
laquelle se dressent deux amoncellements rocheux formant comme une
porte. Cette dernière est l’accès du jardin Ravine verte.
12) Le Jardin de Chine
On traverse ce jardin par un pont en bambou puis une pente assez forte.
Au cours de notre passage, ce qui dominait c’était l’obscurité créée par
les cimes des grands arbres qui forment des voûtes continues et
empêchent la lumière de s’infiltrer facilement.
Ce qui était encore à noter, c’était la fraîcheur de
l’atmosphère provoquée par la faible intensité lumineuse et par la
présence du ruisseau qui coule sans arrêt. Alors, cette étape représente
une phase transitoire entre deux jardins où la lumière est abondante :
le jardin d’Asie méridionale et le jardin andalou. De nouveau, ce jardin
sert d’étape transitoire entre deux jardins ayant des ambiances
différentes.
C’est donc une phase de préparation pour la promenade dans
des lieux où l’aspect naturel, « sauvage » est le plus dominant. Alors
de ce jardin on entre dans le jardin de Polynésie par une pente assez
raide. Durant cette étape, on se promène sans refaire les deux premières
promenades.
Alors, au moment où on dépasse le pont en dalle, on monte une
pente douce menant au sentier serpentant à travers la vallée qui est
traversée par un pont en béton ayant une arche très élevée. Au fond de
cette vallée, il y a de curieux cours d’eau rocailleux déroulant leurs
sinuosités.
Et sur les talus il y a des plantes tapissantes qui forment
une admirable composition paysagère avec les troncs des arbres et les
masses touffues des arbustes. Alors on quitte le ravissant jardin
chinois et on entre au jardin d’Asie méridionale, mais cette fois-ci,
sans s’y promener car le circuit nous mène directement au jardin des
Antilles.
13) Le Jardin Andalou
Ce jardin se situe à proximité du musée. Il se caractérise
par un style régulier, symétrique, avec une large utilisation de la
ligne droite et de l’angle droit. Il se présente sous la forme d’un
rectangle allongé. Ce jardin réserve une circulation très franche dans
le sens des deux axes qui le partagent en quatre parties.
L’axe principal est perpendiculaire à la façade de la maison et dans
l’axe de celui-ci un deuxième axe tracé perpendiculairement au premier.
Ces axes sont bordés par des massifs à fleurs écarlates et de buissons
aromatiques qui alourdissent l’air de leur parfum. Des pots ou des
jarres de couleur bleue agrémentent magnifiquement ces allées. L’une de
ces allées est bordée de piliers soutenant des traverses couvertes de
glycine.
Ce jardin est planté de plantes apportées de pays lointains
ou appartenant à la flore locale. Cette végétation s’épanouit luxuriance.
Cette partie du jardin est entourée de constructions sur trois côté.
Au fond il y a la maison, ayant un style légèrement mauresque
caractérisé par des colonnades et des arcades blanches dont quelques-unes
sont complètement enveloppées de plantes grimpantes.
A gauche existent des locaux dont l’un est réservé seulement
pour le matériel d’entretien des jardins et l’autre pour le bureau.
Après avoir parcouru ce jardin où la rigueur du tracé est frappante et
où la profusion des couleurs et des odeurs de plantes règnent sous des
éclats lumineux, le promeneur passe au jardin Chinois qui a un autre
aspect. Cette partie se présente sous la forme d’un carré dont le centre
est marqué par un bassin comportant en son milieu une petite île formée
par la superposition de deux jardinières circulaires plantées d’un
palmier de fleurs et de plantes tapissantes.
C’est l’île enchantée, le paradis perdu. Les parterres
entourant le bassin sont plantés de fleurs. Plusieurs couleurs
reviennent. Le rouge synonyme de vie et de gaieté, domine ; le blanc,
symbole de la pureté, réfléchit la lumière ; le jaune rappelle la
couleur du soleil, de la lumière et fait penser à la joie ; le bleu,
couleur de la mer, est frais, clair et transparent.
Toutes ces couleurs rappellent la limpidité et la
transparence des jardins islamiques. La promenade, dans cette partie du
jardin, se fait suivant un chemin que viennent souligner les parterres
entourant le bassin et des jardinières plantées d’un mélange de fleurs
de saison et de plantes vivaces et grimpantes.
Ces dernières forment des cascades contre les murs des
jardinières. Après la rigueur du tracé et de la profusion des
plantations, le promeneur se trouve en face d’un ponton en bambou.
C’est un passage suspendu entre les arbres. Lorsqu’on
traverse ce chemin, on se trouve presque à la même hauteur que les
arbres ; alors on est détaché du sol. Par conséquent, on regarde sans
cesse notre chemin et on oublie l’horizon.
C)
Les Jardins Didaqtiques
14) La volière
Dans un havre de paix où s'harmonisent avec éclat la faune et
la flore, la volière des Jardins Exotiques de Bouknadel abrite diverses
espèces de nos amis les oiseaux. Fidèle à sa vocation didactique et
ludique, cette volière au-delà de sa présentation et d’énumération des
différentes espèces a pour ambition d’encourager les visiteurs, surtout
les plus jeunes, à prendre conscience de la faune et de la flore qui les
entourent, de devenir des acteurs actifs, sensibilisés à la protection
de la richesse des espèces naturelles et à la nécessité de préserver
leur environnement vital, pour notre bonheur, à tous.
15)
Le vivarium
De tous les représentants du règne animal, les reptiles,
considérés tour à tour avec horreur ou frayeur, sont au nombre des
espèces les moins connues du public.
Serpents, lézards, tortues, amphibiens, scorpions, mygales…
dans un cadre insolite, le vivarium des Jardins Exotiques de Bouknadel
invite le visiteur à découvrir la vie secrète des reptiles, l’étrangeté
de leurs mœurs et la variété de leurs espèces présentées dans des
conditions proches de leur milieu naturel.
16)
Pépinière
Elle est d’une superficie approximative de 2000 m2, et qui
sert à fournir des plantes herbacées, arbustes et arbres pour garnir les
jardins exotiques. La pépinière est repartie en 2 zones :
A- Zone Plein - Air : Destinée au semis des fleurs de saison et leur
repiquage, semis des palmiers, bouturage des arbres et arbustes, bassins
d’exposition des plantes aquatiques destinées à la vente et les plantes
aromatiques et médicinales.
B- Zone sous - abris composé de :
B1 – une serre et un tunnel pour la multiplication des plantes herbacées,
en périodes hivernale.
B2 – coffre à châssis qui serre au semis des graines en périodes à base
température.
B3 – ombrière est un endroit où transitent les plantes issues de la
serre ou le tunnel pour s’acclimater avant la plantation en plein Air.
B4 – les cours pratiques du jardinage se font dans cette partie.
B5 – le compostage se prépare dans cette zone.
D)
Le musée
Maison du Fondateur et ancien propriétaire a été désormais
réaménagée en musée tout en veillant à conserver son nouvel esprit au
grand bonheur des visiteurs. Le musée, situé au centre des Jardins
Exotiques, se compose de plusieurs pièces qui présentent chacune un
thème :
• Salle historique : Une salle réservée à la mémoire du Fondateur et
l’histoire de la création des JE avec des photos de différentes étapes
de sa création.
• Salle rénovation : Une salle qui mémorise les phases de rénovation des
Jardins historiques du Maroc, avec une carte mondiale présentant les
origines des plantes exotiques importées par le Fondateur.
• Salle FM6E : une salle qui présente la FM6E et les différents projets
qu’elle mène au niveau national.
• Salle herbier : Une salle présentant l’herbier des JE avec des fiches
techniques.
• Espace pédagogique : Une salle de travaux pratiques pour les groupes
scolaires, avec une bibliothèque et des bornes tactiles.
Source:
site officiel du
Jardin
Exotiques
(2012)
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